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Intolérance au gluten et confinement: L’alerte de l’AMIAG

Généralement  célébrée le 15 mai,  la journée mondiale de la maladie coeliaque  est exceptionnellement déclinée cette année sur 3 journées du 15 au 17 mai, afin  de sensibiliser le grand public à cette maladie et d’encourager la recherche. Plus connue sous le nom d’intolérance au gluten et protéines assimilées contenus dans de nombreuses céréales (blé, seigle, orge, épeautre, avoine), cette maladie se traduit par une difficulté d’absorption et donc des carences alimentaires. Les personnes atteintes de la maladie cœliaque doivent s’abstenir à vie de consommer les produits contenant ces glutens par ce qu’ils risquent un endommagement de la paroi de l’intestin en cas d’ingestion du gluten. “Le seul traitement de la maladie repose sur un régime alimentaire sans gluten (RSG) très strict. Son application demeure toujours difficile en temps ordinaire du fait de l’absence d’un étiquetage obligatoire sur la présence du gluten, alors que ce nutriment est présent dans la plupart de produits très divers et souvent insoupçonnés (médicaments, rouge à lèvres, dentifrice, colle, bonbons, sauce à salade, plats cuisinés…)”, indique l’Association marocaine des intolérants et allergiques au Gluten (AMIAG), dans un communiqué parvenu à la rédaction de saha.ma. La difficulté s’accentue par ailleurs en ces moments notamment  entre  stress, angoisse, perte des repères sociaux et la vie en confinement. Jamila Cherif Idrissi, présidente de AMIAG et Dr Khadija Moussayer, présidente de l’association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS) précisent dans ce communiqué qu’il n’existe aucun risque augmenté pour les malades cœliaques face au coronavirus. Les recommandations sont les mêmes que celles délivrées à la population générale,mais la première inquiétude pour les personnes malades cœliaques est de pouvoir continuer à se nourrir en toute sécurité notamment en cas d’hospitalisation à la suite d’une contamination, pour soi-même ou pour un proche ou un enfant. Le problème, selon l’AMIAG, se pose aussi pour les familles nécessiteux. ” Beaucoup de personnes ont perdu actuellement leur emploi ou bien reçoivent une subvention de l’Etat qui ne  leur permet même pas de couvrir les frais des produits sans gluten qui peuvent être jusqu’à dix fois plus chers que les aliments « normaux ». expliquent les responsables de l’AMIAG. Et ajoutent que face à cette situation, l’AMIAG s’est mobilisée pour distribuer des « paniers » de produits sans gluten à une centaine de familles nécessiteuses. D’autres actions seraient par ailleurs en préparation pour aider des malades en difficulté à conserver un état nutritionnel optimal et faire face à une maladie qui touche environ 1% de la population au Maroc.

Bon à savoir:

  • La maladie cœliaque est difficile à diagnostiquer à cause de ses multiples manifestations. Dr Khadija Moussayer, Présidente de l’association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS) explique que chez les nourrissons et les enfants en bas âge, les signes typiques se limitent à l’appareil digestif (diarrhées, vomissements, état irritable, cassure de la croissance), explique alors que chez l’adolescent et  l’adulte, les  manifestations sont très étendues: Des douleurs articulaires, une ostéoporose, des anémies, des fausses couches à répétition, des aphtes buccaux, une dermatite ou même encore des maux de tête, une fatigue chronique, une anxiété, une dépression…Elle peut aussi  rester plus ou moins « silencieuse » pendant des années tout en poursuivant un travail de destruction sur l’intestin et d’autres organes.
  • La maladie cœliaque  est trop peu diagnostiquée. Dr Khadija Moussayer  explique que cette maladie chez l’adulte est bien souvent découverte au stade de complications.  “On estime que le délai de sa mise en évidence est de 13 ans et que, pour chaque cas détecté, en particulier chez l’adulte, 8 resteraient ignorés.
  • Le diagnostic de la maladie cœliaque repose  sur la recherche de substances particulières, responsables d’attaques sur l’organisme et appelées auto-anticorps (les anti-transglutaminases) et sur la découverte d’une atrophie des replis de la paroi intestinale (les villosités) après la réalisation d’une biopsie duodénale.
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