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Covid-19 Maroc: Attendu ou redouté, le déconfinement n’est pas sans risques

Covid-19 Maroc: Attendu ou redouté, le déconfinement n’est pas sans risques
 A quelques jours de la date du levée du confinement et de l'état d'urgence au Maroc, plusieurs questions se posent entre autre, sur  la reprise du travail, la rentrée des classes, les tests seront -il généralisés ou non, les transports en commun, les masques seront-ils toujours obligatoires ou non. En somme, des interrogations sur le retour à la vie normale, et ce, aussi bien par les contents que par les sceptiques. Le contexte est par ailleurs aussi inédit que celui du confinement surtout que le virus circule toujours et l'on continue à enregistrer quotidiennement 180 à 200, voire plus. Aussi, le relâchement enregistré depuis quelques semaines par-ci et par-là, l'apparition de nouveaux foyers industriels et familiaux et la contamination de sujets très jeunes suscitent les inquiétudes et  rendent plus au moins difficile la projection dans l'après 20 mai, date prévue pour le déconfinement au Maroc. Le ministre de la santé Khalid Ait Taleb l'a  bien précisé lors de sa dernière intervention sur la chaîne nationale Al Aoula. Il a indiqué que "sortir du confinement est plus dur que d'y entrer". Certes le confinement a épargné selon le ministre de la santé, au moins 6000 vies et a évité  l'effondrement du système de santé, mais ce n'est pas fini surtout avec la hausse des contaminations malgré les efforts déployés. Le ministre redoute par ailleurs, une nouvelle vague  après la levée du confinement.  Pour lui,  le déconfinement est conditionné  par la stabilité de la situation épidémiologique, la baisse de nouveaux cas infectés et l'inflexion de l'indicateur de propagation du virus RO sous la valeur de 1. Il explique que toute précipitation ou démarche non calculée risque de coûter cher. Autrement dit, la bataille contre le virus est loin d'être gagnée. Constat qui ressort  par ailleurs, de la feuille de route de la levée du confinement  dévoilée le 5 mai par la Direction de l'épidémiologie et de lutte contre les maladies.

Scénario de la levée du confinement

La feuille de route portant la signature de Dr Mohammed Lyoubi, Directeur de la Direction de l'épidémiologie et de lutte contre les maladies, soulève  l'impossibilité d'un confinement strict poursuivi jusqu'à l'extinction de nouveaux cas et le risque élevé de déclenchement d'une 2ème vague de l'épidémie avec la sortie totale et brutale du confinement. Et recommande une levée  "progressive"  mais assorti de nombreuses restrictions. En détail, le déconfinement devrait se faire dans le temps et par secteurs prioritaires avec notamment une évaluation continue du risque de transmission de la maladie. Le scénario de Dr Lyoubi  propose de prendre en considération la situation épidémiologique, la capacité de prise en charge d'éventuels cas sévères et critiques en plus des mesures de prévention d'importation de cas extra-territoire. A cela s'ajoute la prise en compte des indicateurs pour levée de confinement tels que un RT inférieur à 0,7;  des cas actifs inférieurs à 5/100 000 Hts par semaine; un taux de létalité inférieur à 3,6% et une proportion des formes critiques et sévères inférieur à 10% et ce, en plus de la capacité en réanimation  non dépassée. A l'image du scénario français, il est recommandé de prolonger encore le confinement des personnes âgées. Le ciblage des populations vulnérables devrait être mieux précisé par enquête de séroprévalence. Des mécanismes et des outils de contrôle  et d'évaluation sont à identifier pour aider à la prise de décisions par rapport au confinement.

L'enjeu du post confinement

La feuille de route précise que la réussite  de la stratégie de déconfinement  est conditionnée par l'adaptation du système sanitaire en post confinement. Et ce, en prévision du risque  d'une seconde vague et aussi en prévision de la ruée vers le système de santé en post confinement. En somme, réussir le retour à la normale du système de soins sans congestionnement. Une série de recommandation est  avancée dont le maintien  du niveau de vigilance, l'instauration d'un système de surveillance adapté,  l'adaptation de la PEC des cas, l'investigation  autour des cas et le suivi des contact. A cela s'ajoute la mise en place d'une stratégie de vaccination dés disponibilité du vaccin. Il est recommandé, en outre, de renforcer les programmes de santé, notamment ceux qui ont fonctionné à minima et d'adapter le plan d'urgence et du fonctionnement des hôpitaux selon la situation épidémiologique et la spécificité du déconfinement. Ceci étant, en parallèle, la surveillance épidémiologique sera toujours de mise en suivant la tendance de l'épidémie et en détectant toute éclosion de foyers. Dans la foulée, il s'impose une stratégie de détection précoce du Covid-19, des enquêtes de séroprévalence, un système de surveillance spécifique ..etc. Le système de santé est  appelé à s'adapter avec entre autre, des circuits Covid et non Covid, un système  performant de surveillance épidémiologique, un bon stock en EPI, l'encouragement de la mise en place d'un système de consultation sur rendez vous et la réduction des déplacements non obligatoires  notamment pour les petits bobos. Ceci étant, les gestes barrières, la distanciation sociale et physique et le port de masques demeurent les seules armes aujourd'hui pour  limiter l'apparition de nouvelles infections et de nouveaux foyers et  au delà casser les chaines de transmission de ce virus belliqueux.

Bon à savoir :

- RO:  Le taux de reproduction du coronavirus - RT: Le taux de contamination - La séroprévalence ou séroépidémiologie évalue le nombre de personnes, dans une population donnée, ayant été exposées à un microorganisme, ou à une  vaccination, et qui développent des anticorps spécifiques à des taux significatifs. -  Les six critères de levée du confinement selon  l'OMS
  • La transmission doit être contrôlée
  • Les systèmes de santé doivent être en mesure de tester, d'isoler et de traiter chaque cas et de retracer chaque contact.
  • Les risques de l'épidémie doivent être réduits au minimum dans des environnements particuliers, comme les établissements de santé et les maisons de soins
  • Des mesures préventives devront avoir été mises en place sur les lieux de travail, dans les écoles et dans d'autres lieux publics essentiels.
  • Les risques d'importation pourront être gérés
  • Les populations doivent être pleinement éduquées, engagées, dotées de moyens et habilitées à s'adapter à la nouvelle norme.

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