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Covid-19 : pourquoi les risques sur la santé sont à long terme?

Covid-19 : pourquoi les risques sur la santé sont à long terme?
On essaye  de  vivre avec le virus dans la plupart des pays du monde  dont le Maroc. Certains pensent  même que le virus est bel et bien derrière nous avec notamment la levée des restrictions sanitaires. Mais pour des spécialistes, le virus n' pas cessé d'être dangereux. Un article sur France info publié le 10 avril, indique qu'une série d'études récentes  révèle qu'après une infection, le risque d'autres pathologies augmente, même pour ceux qui ne présentent pas de facteur de risque, ne développent pas de forme grave et ne sont pas touchés par le Covid-long.
Troubles respiratoires, cardiaques et du système nerveux
En avril 2021, une première étude de trois chercheurs de l'Université de Saint-Louis (Etats-Unis), publiée par la revue Nature*, identifiait une série de problèmes de santé qui touchaient plus fréquemment les personnes ayant eu le Covid-19. En se référant à une  vaste base de données de santé de vétérans de l'armée américaine, les auteurs avaient comparé près de 5 millions de non-malades et 77 000 personnes testées positives, à partir du trentième jour après leur infection. Cinq mois plus tard, elles présentaient davantage de troubles respiratoires et souffraient aussi plus de "troubles du système nerveux et neurocognitif, de la santé mentale, du métabolisme, cardiovasculaires, gastro-intestinaux, malaises, fatigue, douleurs musculosquelettiques et anémie" que les personnes au profil similaire n'ayant jamais été testées positives. Même les malades non hospitalisés présentaient ce risque de séquelles.  Une autre étude de la même équipe  portant sur les risques cardiovasculaires, publiée en février dans Nature* alerte sur un risque multiplié par 1,5 ou 2 sur tous les événements,  sur le  risque d'AVC multiplié par 1,52 dans l'année suivant l'infection,  sur le risque d'embolie pulmonaire par 2,93 ainsi que  celui de syndrome coronarien aigu par 1,72. Si la façon dont le virus entraîne de telles séquelles n'est pas tout à fait claire, l'observation des malades a déjà montré "que le virus attaque la paroi des vaisseaux sanguins", ce qui favorise notamment l'apparition de caillots, explique selon France info,  Olivier Robineau, infectiologue à l'hôpital de Tourcoing (Nord).
Hypothèses flous
Les malades guéris du Covid-19 présentent également un risque plus élevé de développer des pathologies liées aux reins, selon une étude de la même équipe américaine, publiée en novembre dans le Journal of the American Society of Nephrology*. Les données pointent en particulier un risque d'insuffisance rénale terminale multiplié par trois chez les anciens malades du Covid-19 (et par 2,15 chez ceux qui n'ont pas été hospitalisés). A cause des problèmes vasculaires, le virus peut affecter un grand nombre d'organes. Aussi les  malades du Covid long rapportent  des difficultés à se concentrer et une forme de "brouillard mental". Une étude sur le cerveau de singes infectés par le virus, publiée le 1er avril dans Nature Communications*, montrait des atteintes "pouvant mener [à ces] symptômes neurologiques à long terme du Covid long", y compris chez les animaux n'ayant pas développé une forme sévère. Les auteurs d'un article publié par la revue Science* en janvier, notent que les atteintes observées chez certains malades "soulèvent la possibilité que l'infection puisse accélérer ou déclencher le développement futur de malades neurodégénératives comme les maladies d'Alzheimer ou de Parkinson". Cette hypothèse reste pour l'instant plus floue que celle de problèmes cardiovasculaires, nuance Olivier Robineau, qui rappelle que ces troubles mettraient des années à apparaître. Les données de santé des vétérans américains concluent cependant à un risque accru de déclin cognitif (multiplié par 1,8) ou de dépression (multiplié par 1,39) dans l'année suivant l'infection, selon une étude publiée le 16 février par le British Medical Journal*.
Virus et diabète 
Une dernière étude de ces données, publiée le 21 mars dans The Lancet*, indique que les personnes guéries du Covid-19 ont plus de chances (+40%) de développer un diabète de type 2 dans l'année qui suit. La pandémie laissera "un héritage de maladies chroniques", affirme son auteur principal, Ziyad Al-Aly, dans Nature*. Eric Renard, vice-président de la Société francophone du diabète, n'y voit pas d'indication que le virus lui-même provoque du diabète.
La possibilité que le virus ne soit qu'un déclencheur est reconnue par les scientifiques américains et correspond à ce qui est observé après d'autres infections. Eric Renard ne croit pas au risque d'une épidémie de diabètes de type 2 : "Ces patients auront simplement découvert leur diabète de façon inhabituelle, avec un traitement à l'insuline d'emblée, mais ils rentreront dans le rang." L'étude a pour mérite, juge-t-il, d'attirer l'attention des médecins sur l'intérêt de mesurer la glycémie des personnes guéries du Covid-19, surtout si elles présentent d'autres facteurs de risque du diabète.
Rester serein

"Il faut rester serein", indique  l'infectiologue Olivier Robineau. Les études récentes montrent "un sur-risque indiscutable" de certaines pathologies pour les malades du Covid-19, "mais sur des événements qui restent rares. On ne va pas avoir une épidémie d'embolies pulmonaires." Il rappelle aussi que d'autres éléments, comme le tabac et l'alimentation, sont des facteurs de risque qui pèsent bien plus lourd dans le développement de maladies cardiovasculaires, par exemple.

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