عربية

DIABÈTE : Une pilule contre l’hypoglycémie dans le circuit de la recherche

DIABÈTE : Une pilule contre l’hypoglycémie dans le circuit de la recherche
L'hypoglycémie qui se traduit par une baisse anormale du glucose dans le sang (glycémie inférieure à 0.70 g/l) est fréquente  chez les personnes diabétiques et suscite souvent leurs inquiétudes ainsi que celles de leur famille.
Les taux de sucre dans le sang (glycémie)  peuvent généralement devenir dangereusement élevés (hyperglycémie) ou bas (hypoglycémie). Les symptômes  causés par la sécrétion d’adrénaline (adrénergiques ou neurogènes) sont habituellement les premiers à apparaître et sont qualifiés de « signaux d’alarme » comme les tremblements, palpitations, transpirations, anxiété, nausées et picotements.  Et si rien n'est fait pour contrer le manque de  glucose au cerveau (neuroglycopéniques), d'autres symptômes se manifestent tels que les troubles de concentration, changement d’humeur, confusion, faiblesse, somnolence et qui peuvent se développer jusqu'à avoir une vision embrouillée, des troubles de la parole, des maux de tête et des étourdissements. Les niveaux de gravité diffèrent par ailleurs de légers à sévères et ce sont surtout les personnes diabétiques qui sont à risque d’hypoglycémie sévère.
Une pilule « anti-hypoglycémie »
Pour lutter contre l'hypoglycémie, une équipe d’endocrinologues de l’Université d'Exeter travaille sur la production d'une petite pilule « anti-hypoglycémie » à prendre par les personnes diabétiques au moment du coucher révèle le site santé log. Et précise que les travaux en cours d'expérimentation, publiés dans la revue Frontiers in Endocrinology  sont prometteuses. Les complications de l'hypoglycémie surviennent par ailleurs souvent la nuit provoquant insomnie et parfois des convulsions et au delà des symptômes habituelles, il y a le risque de perte de conscience et, en l’absence de traitement, le coma et le décès.
Booster les systèmes « naturels » de défense 
Ces scientifiques anglais proposent le moyen de se défendre contre l'hypoglycémie en renforçant les systèmes « naturels » de défense hormonale. Leurs travaux identifient en effet une cible prometteuse dans le cerveau prometteuse pour le développement d'un médicament « anti-hypoglycémie ». Les chercheurs ont mené des expériences de laboratoire à l'aide d'un composé d'essai préclinique (R481), qui agit un peu comme la metformine, un médicament contre le diabète de type 2 largement utilisé. Cependant, le R481 fonctionne différemment car il pénètre dans le cerveau et active une importante jauge de carburant cérébrale appelée AMPK (AMP-activated protein kinase). Le composé agit ainsi sur la communication cerveau-pancréas en renforçant, si besoin, les défenses de l'organisme contre l'hypoglycémie.
  • Ces expériences in vitro sur des neurones cérébraux spécialisés dans la détection du glucose (cellules GT1-7) confirment que le composé agit en activant cette jauge ou régulateur de carburant cérébral ;
  • in vivo, chez la souris en bonne santé, le médicament renforce la défense hormonale contre l'hypoglycémie, en augmentant la libération d'une hormone appelée glucagon par le pancréas ;
  • le médicament a activé un lien cerveau-pancréas qui active une défense contre l'hypoglycémie, mais sans modifier pour autant la glycémie à jeun.
L'auteur principal de l'étude, le Dr Craig Beall, de l'Université d'Exeter conclut : «Ces résultats suggèrent que l'activation de ce régulateur de carburant cérébral est une cible prometteuse pour prévenir l'hypoglycémie. À long terme, notre objectif est de développer une pilule à avaler avant le coucher, pour éviter les « hypos » nocturnes. Ce n'est que la première étape d'un long chemin, mais cette recherche à stade précoce, identifie des liens importants entre le cerveau et le pancréas, qui vont très probablement permettre le développement de nouveaux traitements contre l’hypoglycémie.  

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire