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Hémodialyse: L’appel au secours de la Fondation Amal

Hémodialyse: L’appel au secours de la Fondation Amal
 

Un dialysé n’est pas un condamné à mort. C’est une personne qui peut mener une vie normale. Étudier, travailler, faire du sport, se marier et avoir des enfants. Ses ambitions ne doivent pas être freinées. Mais, au Maroc il est difficile pour beaucoup de dialysés de mener une vie normale. Et pour cause ? Le coût exorbitant de cette maladie. Sur ce point, il faut distinguer deux catégories de personnes. Celles qui ont une couverture médicale et celles qui n’en ont pas. Vous l’avez bien compris, la première catégorie est plus «chanceuse», quoiqu’elle fasse parfois face à certaines difficultés liées surtout aux remboursements et à la cherté de certains médicaments et des analyses médicales qui doivent être réalisées régulièrement. Le premier avantage de cette catégorie est celui de la prise en charge totale des séances de dialyse par les organismes de la sécurité sociale (CNSS/CNOPS). Une séance de dialyse coûte 850 DH. Et il en faut trois par semaine. Le deuxième avantage de ceux qui ont une couverture médicale réside dans le remboursement des médicaments, des analyses de sang et des consultations médicales. Parfois certains médicaments sont pris en charge dans le cadre du tiers payant. Mais, la majorité des médicaments et toutes les analyses doivent être supportés d’abord par le patient et attendre le remboursement. Ce qui est compliqué au regard de la capacité d’achat et du nombre important des soins nécessaires (analyses de sang, consultations, injections contre l’anémie, médicaments pour le diabète, le cœur, la tension artérielle, pour réguler le calcium, le phosphore…).

Les exclus du système de santé

Sur ce point, il faut compter au moins 2.000 DH par mois en médicaments et autant pour les analyses qui se font une fois tous les trois mois minimum. Ces montants dépendent de l’état de santé du dialysé. Imaginez donc la situation d’un dialysé vivant dans la précarité. Ce qui nous ramène à la deuxième catégorie de malades. Celle qui n’a pas de couverture médicale et qui vit souvent dans la pauvreté et la précarité. Les personnes doivent trouver une place dans les centres de dialyse publics (25 centres d’hémodialyse). Là, ce n’est pas un acquis. Ces centres sont saturés et les listes d’attente ne cessent de se rallonger. Ceci sans parler de l’accès aux médicaments qui est très difficile au regard de la situation financière, souvent difficile, de ces personnes. Il faut savoir qu’une personne atteinte d’insuffisance rénale nécessitant des séances de dialyse doit impérativement faire ces séances. Il y va de sa vie. Les séances de dialyse permettent, entre autres, d’épurer le sang des toxines, car les reins ne remplissent plus leur fonction.

La Fondation Amal se positionne

Devant l’incapacité du système de santé public à prendre en charge cette catégorie de malades vulnérables, des associations ont été créées. Elles sont là pour pallier aux défaillances du système de santé public. Parmi ces associations, il y a la Fondation Amal. Celle-ci, qui a été créée en 2008, s’est bien positionnée aujourd’hui dans le système de santé avec ces 21 centres d’hémodialyse dans plusieurs villes du Maroc. Quatre autres centres sont en cours de réalisation. «Et nous continuons de recevoir les patients atteints d’insuffisance rénale. Aujourd’hui, les centres de la Fondation assurent des prestations de santé à plus de 1.200 malades», souligne Mustapha Faouzi, président de la  Fondation Amal. Ce travail se fait sans aucun appui du ministère de la Santé. «Il y a une absence totale du soutien du ministère de Santé en dépit de plusieurs demandes officielles qui lui ont été adressées dans ce sens», déplore le président de la Fondation Amal.

Les ressources commencent à manquer  

Cette dernière emploie, plus de 180 personnes entre personnel de santé et celui administratif. À noter que la charge du personnel dépasse 7 millions de DH, alors que le budget total de la Fondation a dépassé cette année 45 millions de DH. Toutefois, cette association commence à manquer sérieusement de ressources et ses dettes se chiffrent à plus de 15 millions de DH. Ce qui menace la pérennité du service de cette Fondation reconnue d'utilité publique et même son existence. En plus des charges du personnel, l’association a besoin d’équipements médicaux pour pouvoir assurer les séances de dialyse à ses patients. Ces derniers ne paient, en effet, que 100 DH la séance contre environ 850 DH dans les centres privés. Les personnes très vulnérables sont prises en charge gratuitement.

Les communes suspendent leurs subventions

«La Fondation assure un service de santé durable et de ce fait, ce service doit être maintenu. Mais, cela est très difficile car les charges de la Fondation augmentent au regard de la hausse continue des nombres de patients qu’elle reçoit. À cela s’ajoute la suspension par les communes de leurs subventions», regrette Faouzi. A noter que la Fondation collabore avec l’INDH et certains de ses centres ont été inaugurés par le Souverain.

En plus de la suspension des communes des subventions qu’elles octroient à la Fondation, celle-ci souffre aussi du retrait forcé de certains de ses mécènes. À cause de la crise économique, ces mécènes sont aujourd’hui dans l’incapacité d’apporter leur soutien financier à l’association…

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