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Pourquoi devrons-nous continuer à respecter les mesures barrières après la vaccination?

Pourquoi devrons-nous continuer à respecter les mesures barrières après la vaccination?
Dr Tayeb Hamdi. Médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé.
Quelles sont les recommandations médicales et scientifiques sur les mesures barrières après la vaccination, dans la vie de tous les jours, et lors des contacts entre des personnes vaccinées ? Le respect des mesures barrières : masques, distanciation, hygiène des mains, aération des espaces clos … reste une nécessité médicale que tout le monde doit continuer à observer, jusqu’à la déclaration d’une immunité collective. Deux ou trois semaines après avoir pris la deuxième dose du vaccin, la majorité des vaccinés bénéficient d’une immunité contre la COVID19. Ce n’est nullement une raison pour que les personnes vaccinées n’adhèrent plus aux mesures barrières, même si elles sont en face de contacts déjà vaccinés. Nous savons aujourd’hui, grâce aux résultats des essais cliniques, que les vaccins donnent des taux d’efficacité très élevés contre la maladie de la COVID, mais n’atteignent pas 100 %. Mais ce que nous ne savons pas encore, c’est si les vaccinés transmettent le virus à leurs contacts ou pas. La question n’a pas été étudiée lors des essais cliniques, elle l’est actuellement et les résultats tarderont à venir.
Les chercheurs de l’Oxford University et d’AstraZeneca ont mené une partie de ces recherches au cours de la phase 3 de leurs essais cliniques, mais les résultats sont encore préliminaires.
Nous savons aussi que la plupart des vaccins disponibles à ce jour offrent une protection qui avoisinerait les 100% contre les formes graves de la maladie, et donc la mortalité. Les mêmes recommandations concernent tout contact entre personnes vaccinées. Il serait une erreur de penser qu’une personne vaccinée, ne risque rien en transmettant le virus à un des ses contacts vaccinés. Nous savons que le vaccin offre une protection qui avoisine les 100 % contre les formes graves de COVID 19, mais ce taux de protection ne peut être entièrement assuré par tous les vaccins. Pourquoi?
  • Ce taux n’est pas uniforme pour tous les vaccins. Lors des essais cliniques du vaccin de Moderna par exemple, 30 volontaires ont développé des formes graves de COVID 19, mais étaient tous du groupe qui a reçu le placebo.
Lors des  études sur le vaccin d’AstraZeneca, 10 cas de formes graves de la maladie ont été enregistrés, également tous parmi les volontaires ayant recu le placebo. Pour le vaccin de Pfizer, 10 cas de formes graves de COVID 19 ont été signalés dont 9 parmi les volontaires du groupe placebo et un volontaire qui avait reçu le vrai vaccin.
  • Le nombre de cas qui ont fait les formes graves parmi les volontaires est encore peu important et donc les taux sont préliminaires. Les études sont toujours en cours et dévoileront les taux définitifs, qui seront certainement très hauts et très rassurants, mais pas nécessairement 100% exactement.
  • En termes d’épidémiologie, notre défi est de briser les chaînes de transmission du virus pour freiner l’épidémie, et ne donner aucune chance au virus de se propager. Un porteur de virus est toujours un défi épidémique.
  • Il y a toujours possibilité de l’émergence d’une nouvelle souche qui serait plus agressive, ou moins sensible aux vaccins dont on dispose actuellemnt. Dans ce schéma, l’immunité acquise contre Covid-19 par la maladie ou par la vaccination serait moins protectrice contre de telles souches. Malheureusement, ce scénario est de plus en plus envisageable, et la course contre la montre est lancée pour l’éviter.
Nous devons continuer à respecter les mesures barrières
et ce, avant, pendant et après la vaccination, jusqu’à obtention d’une immunité collective, seule apte à nous protéger ensemble et tous contre la maladie.  

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