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Saad Benjelloun, le docteur qui a investi le net pour sensibiliser sur les sujets tabous

Saad Benjelloun, le docteur qui a investi le net pour sensibiliser sur les sujets tabous
Saad Benjelloun  est un  médecin pas comme les autres. Exerçant dans les urgences  à Tanger, il  est une vraie star des réseaux sociaux. Avec un contenu particulièrement engageant entre autre, sur  l'éducation sexuelle, la pilule du lendemain et autres sujets tabous,  ses vidéos live notamment sur Facebook et Instagram sont suivies par des milliers  de followers, lui permettant d'exceller dans cette nouvelle forme de  proximité. Il nous explique dans cet interview réalisée à la Rédaction de http://saha.ma ses motivations,et  ses projets.
Saha.ma: Pourquoi vous avez fait le choix de parler, via les réseaux sociaux de sujets encore sensibles et tabous dans la société marocaine ?
Dr Saad Benjelloun:  Dans les urgences, je rencontre beaucoup de personnes représentant différentes couches sociales et je me suis vite aperçu que les marocains ne sont pas assez sensibilisé  en matière de santé et en particulier l'éducation sexuelle. En tant que médecin, je ne pouvais pas ne pas parler de ces sujets et partager mes connaissances pour toucher le maximum de personnes par ce que quand une fille de 16 ans se présente aux urgences avec une grossesse risquée  suite à un viol, je me dit  qu'elle aurait pu éviter la grossesse  si elle  savait qu'il y a la pilule du lendemain. Quand tu reçois en urgence une personne qui a fait une tentative de suicide avec l'acide nitrique et pensant  la sauver, sa famille lui donne du lait alors que c'est dangereux après avoir ingéré l'acide nitrique, tu ne peux pas ne pas parler et sensibiliser les gens pour éviter les situations mortelles.  Quand tu reçois en consultation une jeune femme de 20 ans avec 5 enfants à charge, tu ne peux pas aussi ne pas parler de la contraception et de la planification familiale.   Il y a un ensemble de situations que je rencontre  lors de la prise en charge des malades qui motivent mon choix de parler aux gens de leur santé  via les réseaux sociaux.
Le choix de s'exprimer en dialecte darija n'est pas fortuit? 
J'ai fait le choix de la darija  pour me faire comprendre par tout le monde et toucher le maximum de personnes. Chacune de mes vidéos a aujourd'hui de 100 milles à 1 million de vues sur Facebook, Instagram et Youtube.Je tiens à ajouter que le mot Hchouma est derrière beaucoup de problèmes. A force de ne pas parler par ce qu'on pense que c'est pas bien, les gens se retrouvent avec une grande ignorance et méconnaissance alors que certaines choses peuvent être expliqué en 30 secondes par un médecin et  sauver des vies.
Vous avez été l’initiateur du « Docteur 24 ». Ou en est ce projet que vous avez lancé avec PipPipYalah?
Ce projet a été lancé lors de la période du confinement et au début de la pandémie du Covid-19 par ce que tout le monde avait peur et on a pensé à Docteur 24 pour limiter la panique générale. On a élaboré un questionnaire avec 10 questions permettant  à toute personne ayant répondu à ce questionnaire de s'assurer de son état de santé. La ligne de 141 a été débordée par les appels et grâce à notre site, nous avons pu orienter les gens .  Nous avons aussi pu grâce à cette plate forme  contribuer à l'allègement des  débordements dans les  urgences qui accueillaient aussi bien les malades normaux que ceux atteints de covid19-ocde-sanitaire-19 avec de grands risques de contamination.
Le covid-19 a remis sur scène le débat sur la télémédecine au Maroc comme partout dans le monde. La télémédecine peut-elle remplacer le contact direct avec le médecin ?
La télémédecine est ancienne aux Etats Unis et dans certains pays en Europe. Avant la pandémie, une étude a révélé qu'au Maroc, 70% de la population ont accès à internet. Et c'est un bon indicateur pour la réussite de la télémedecine. Je tiens à préciser que la plupart des médecins ont convenu que dans certaines spécialités à l'exception des spécialités nécessitant  un  acte clinique ou  chirurgicale, la télémédecine  peut suffire.
Est ce que vous pensez à terme transformer « Docteur 24 » en plate forme télémédecine?
Je ne peux pas tout dire mais je peux confirmer que je travaille sur plusieurs projets dont la télémédecine qui peut bien réussir au Maroc et aider les patients.

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