Saha.ma

Covid-19: Pr Ait Taleb s’alarme du relâchement et des rebonds des cas positifs

” Le Maroc connait aujourd’hui  une situation épidémiologique  inquiétante sur la santé publique et le pays..Il est enregistré une hausse des cas critiques, une augmentation du nombre de décès  ainsi que des cas  avec des symptômes. Une situation que le pays n’a pas connu lors des 4 premiers mois du confinement”, a indiqué Pr Khalid Ait Taleb, Ministre de la santé lors d’une conférence de presse organisée  après la restriction des déplacements entre villes suscitant un tollé. Il a expliqué que cette situation est enregistrée depuis la levée du confinement.

” En une semaine, le taux d’augmentation des cas positifs à la Covid19 enregistré est plus élevé que celui des 4 premiers mois de l’épidémie au Maroc et cela est très inquiétant”.

Pour lui, il est important de prendre des mesures urgentes et comme au début de l’épidémie, prendre les devant à travers des mesures proactives. C’est dans ce cadre que la mesure de restriction des déplacements entre certaines villes s’impose et ce, pour ne pas ruiner les efforts déployés depuis le déclenchement de l’épidémie. “Nous comprenons la colère des gens par rapport à cette décision surprise sans aucun délai mais vous devez savoir que le virus n’a pas délai..De fait, nous n’avons pas le choix par rapport à cette décision pour lutter contre ce virus et contenir sa contamination”, a souligné sans détour le Ministre de la santé. Et il y a de quoi. Plusieurs régions connaissent un rebond des contaminations au Covid-19.” Le taux de multiplication a atteint 1,9 à Tanger, 1,7 à Fès et 2,35  à Berrchid. Devant une telle situation, on peut être en colère une journée mais être heureux par la suite en protégeant la vie et la santé des gens qui nous sont chers”, a indiqué Khalid Ait Taleb. Il cite l’exemple de Casablanca qui a enregistrée du 2 mars au 14 juin 2900 cas alors qu’en deux semaines, la région a enregistré 2162 cas. Un indicateur qui démontre combien le virus évolue rapidement. Il exhorte les citoyens marocains à être plus responsables et engagés comme ils l’ont été depuis le début de l’épidémie surtout à la veille d’une fête religieuse.

Relâchement, laisser aller sur les gestes barrières

En plus des rebonds enregistrés depuis quelques semaines, le Maroc déplorait aussi un nombre de plus en plus élevé de décès. Les autorités ont rendu obligatoire le port de masque dans les lieux publics mais l’épidémie continue de s’aggraver.

Cette situation s’explique selon Pr Ait Taleb par le relâchement du respect des gestes barrières (masque et distanciation sociale), depuis le déconfinement, notamment dans les transports en commun et dans les commerces.

“On parlait de  la multiplication et l’augmentation du nombre des cas positifs à Tanger alors que d’autres villes comme Fès, Casa, Settat et Marrakech connaissent aussi des augmentations du nombre de cas positifs à la Covid-19. Cette situation a entraîné une pression sur les établissements de santé et les professionnels de santé qui sont très fatigués alors que nous en avons besoin pour faire face aux attentes des citoyens  en matière de santé” a précisé le ministre de la santé. Pour lui, la décision des restrictions de déplacement entre des villes est sérieuse pour protéger les citoyens et ces derniers devraient être responsables et rester chez eux s’il n’y a pas besoin urgent de se déplacer. N’importe quel mouvement peut mettre les autres en danger et l’engagement de tout le monde est aujourd’hui une nécessite et  c’est dans l’intérêt général.

Le fameux masque porté sans l’être 

Le ministre a soulevé dans la foulée la question du port du masque. Pour lui, son obligation n’est pas anodin puisqu’il permet une réelle protection notamment dans les lieux publics. Néanmoins, il faut bien le porter. ” Pas en dessous du nez, ni sur le cou pour montrer qu’on respecte le port du masque…Les gens qui sont aujourd’hui en réanimation sont nos parents et nos grands parents, les grands frères qui ont des maladies chroniques et qui souvent viennent tard aux établissements de santé. a -il ajouté. De fait, face à la multiplication des cas de contagion, la forte pression sur le système de santé, le risque d’une rechute est important. Le ministre rappelle par ailleurs combien le respect du confinement et de l’état d’urgence a fait éviter le pire au Maroc et qu’aujourd’hui, on n’est pas sorti d’affaire.

À lire aussi
commentaires
Loading...