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SARS-CoV2 : Le masque chirurgical, nouvel ennemi de la Nature… et de l’Homme

Depuis que le port du masque s’est généralisé à des fins sanitaires, pour endiguer la propagation de la maladie Covid-19, il est de plus en plus enregistré de mauvaises pratiques : des masques, essentiellement ceux à usage unique, sont jetés dans les rues.

Une double menace

 

Les masques chirurgicaux en polypropylène mettront des années à se dégrader, certains estiment à 450 années  la durée nécessaire à leur décomposition complète dans la nature. Ils sont donc une source importante de pollution.

Ces masques jetés dans la nature ou mal collectés par les services municipaux sont des vecteurs de transport du SARS-CoV2.

Ils représentent de ce fait, un danger pour la santé de ceux qui les collectent et par effet de contagion un danger certain pour la vie des autres citoyens.

Un recyclage impossible

Pour l’instant il n’existe pas de filière de recyclage dédiée pour masques chirurgicaux. Les autorités à travers le monde recommandent de les jeter dans des sacs en plastique fermés ou  dans la poubelle. Et c’est là une grave erreur, car les masques chirurgicaux usagés font partie des déchets d’activités de soins à risque infectieux communément dénommés les DASRI. De ce fait, ils doivent être pris en charge par une filière de recyclage spécifique à ce genre de déchets spéciaux. Les masques usagés ne devraient être jetés ni dans les rues, ni dans la nature et encore moins dans les poubelles !

Quid du Maroc ?

Depuis le début de la pandémie, les autorités marocaines étaient conscientes du danger des masques usagés sur la nature et la menace qu’ils représentent pour la santé des marocains. Dès la fin du mois d’Avril, le Département de l’Environnement lança une campagne pour sensibiliser l’ensemble des citoyens sur une élimination saine des masques usagés, à travers notamment la diffusion d’une capsule vidéo sur les chaînes de télévision, les stations de radio ainsi que sur les réseaux sociaux. Des affiches de sensibilisation relatives à cette problématique ont été largement diffusées à travers le Royaume et ce, en partenariat avec des acteurs du secteur privé (pharmacies et grandes surfaces) et les ONG.

Cette campagne incitait les  citoyens à ne pas jeter  les masques usagés dans la  voie publique, à les désinfecter  et à les découper avant leur mise dans les sacs de poubelle domestique bien scellés. Mais est ce suffisant ? la réponse est bien évidemment : Non.

Des solutions existent…

Pour s’assurer de leur innocuité  vis-à-vis de la nature et des citoyens, les masques usagés doivent être traités selon le protocole de recyclage des DASRI.

Si cette option- au passage très coûteuse vu le nombre important de masques à traiter quotidiennement- est retenue, il est recommandé de procéder en amont à la distribution de sacs en plastique destinés à la collecte de ces masques au niveau de chaque foyer. Un ramassage de ces sacs devra être programmé par les services municipaux de collecte des déchets et les sacs collectés devront emprunter la filière normale de traitement des DASRI.

Etant donné que cette dernière solution est très onéreuse et que sa  mise en œuvre est difficilement envisageable au Maroc, les autorités tout en renouvelant régulièrement les campagnes de sensibilisation des citoyens,  devront encourager l’utilisation des masques en tissus, une alternative plus réaliste et économiquement viable, ces masques étant lavables et utilisables plusieurs fois. Si cette option est retenue, l’Etat sera amené à subventionner l’achat de ce genre de masques pour les rendre plus  accessibles aux populations à faible revenu.

Dr. Issam BADREDDINE

Biologiste, Expert en Développement Durable

 

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