Saha.ma

Le pharmacien a t-il le droit de délivrer un générique au lieu d’un médicament princeps

Les relations entre les pharmaciens et les médecins ne sont pas bonnes. Et je ne sais pas pourquoi. Au lieu d’être complémentaires, ils fonctionnent en frères ennemis. Quel est le rôle des aides pharmaciens dans cette animosité. Quelle est la réalité et l’ampleur de la délivrance des médicaments sans ordonnance et de la délivrance directe par des médecins de certains médicaments (vaccins …) achetés directement des laboratoires.

Pour les pharmaciens, le but ultime est de rendre le médicament disponible pour le patient à un prix raisonnable et au delà soulager la gestion du stock. A cela s’ajoute que le pharmacien est un spécialiste des médicaments et des molécules médicamenteuses.La substitution existe dans d’autres pays.

Les arguments avancés par les pharmaciens sont judicieux, la conclusion et la solution sont fausses

Pour le médecins, l’application de ce droit risque d’engendrer des complications pour le patient. Qui assumera la responsabilité scientifique et juridique, en cas de problème ? Cela perturbe la relation médecin-patient, interfère sur l’observance du traitement et ses effets psychologiques (placebo, nocebo). La substitution n’est qu’un aspect minime dans la gestion complexe des médicaments et du système de Santé dans sa globalité. Elle serait même pratiquée couramment pour les non mutualistes !

Les arguments avancés par les médecins sont partiellement vrais, le refus semble légitime

Les princeps et les génériques

Si nous faisons exception de certains aspects que sont les excipients, les formes galéniques particulières, la biodisponibilité et la pharmaco dynamique, nous pouvons substituer sans aucun problème étant donné que le médicament générique est censé être similaire au médicament princeps, original protégé par brevet et il est censé être contrôlé régulièrement par le Ministère de la Santé publique. Mais la réalité est tout à fait autre ! Pour un grand nombre de médicaments nous disposons sur le marché marocain de plus de 40 génériques ! Honnêtement qu’elle est la valeur ajoutée du 51ème générique ? En principe les génériques sont moins chers que les princeps, nous avons au Maroc des génériques plus chers que les princeps !La marge de bénéfice du pharmacien est passée de 30% à 34% quelque soit le prix du médicament. Donc où résidera son intérêt à délivrer des médicaments moins chers?

Le circuit des médicaments

Les brebis galeuses au niveau des laboratoires pharmaceutiques, des pharmaciens, leurs aides, et des médecins ne sont malheureusement par rares. Pour écoule ses génériques, un laboratoire use des moyens de marketing qui peuvent être peu honnêtes.

De fait, il est important de revoir les relations entre ces deux acteurs essentiels et complémentaires : « frères amis ». Autrement dit:

  • Opter pour un système utopiste : Le médecin prescrit un princeps, le pharmacien contrôle et conditionne dans des flacons les médicaments pour la posologie et la durée préconisée par le médecin.
  • Ou garder le système actuel avec au maximum 5 génériques par médicament et sans substitution.

Dr Saïd EL KETTANI, Interniste libéral, Settat, Maroc

À lire aussi
commentaires
Loading...