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SARS-CoV2 circule librement en Suède

SARS-CoV2 circule librement en Suède
Le 17 avril, le site saha.ma s'est penché, dans un article intitulé « L’immunité grégaire, le pari fou des Pays-bas et de la Suède », sur le cas de la Suède, un pays qui avait adopté une stratégie à contre courant dans sa gestion de la crise épidémique. Contrairement à ses voisins européens, ce pays avait fait un choix pour le moins  surprenant : celui de ne pas confiner sa population. Même si le gouvernement suédois ne le reconnait pas officiellement, le choix du non confinement des 10 millions de suédois, partait du postulat qu’en laissant circuler librement le virus, la population finirait par acquérir naturellement son immunité collective.

Une stratégie décalée

La  Suède, aux côté du Nicaragua, de la Biélorussie ou encore du Turkménistan, fait partie des pays ayant adopté le moins de mesures restrictives. La plus part des lieux publics sont toujours ouverts, c'est notamment le cas des bibliothèques, salons de coiffure et même des restaurants. Le gouvernement incite par ailleurs les habitants à adopter les mesures de précaution et de distanciation. D’ailleurs  les parcs, les plages, les forêts et les clubs de sports n'ont pas fermé depuis le début de la déclaration de  la pandémie.  Cependant, les lycées et universités ont été fermés (ouverture prévue le 15 juin)  et ce  l'instar de la France, les grands rassemblements ont été interdits. Par ailleurs, le port du masque n’est pas conseillé  en Suède. Aussi, l’épidémiologiste en chef du pays, le docteur Anders Tegnell architecte de la stratégie suédoise de lutte contre le SARS-Cov2 souligne que le non-confinement de la population pourrait la favoriser et la protéger ainsi d’une éventuelle deuxième vague. Il assimile la gestion de la Covid-19 par son pays à la gestion d’une feu de forêt "C’est comme un feu de forêt, qu’on parvient à faire brûler doucement et de façon contrôlée jusqu’à ce qu’il s’éteigne".

Des chiffres alarmants : prémices d’un désaveu ?

Depuis le 14 mai, en Suède, l’optimisme annoncé auparavant n’est plus de mise, du moins pour une partie de la population. Selon les tableaux comparatifs dressés par l’université d’Oxford, le pays a commencé  à afficher le taux quotidien de mortalité le plus élevé… au monde. Une triste place  qu’il a occupée globalement  jusqu’au 20 mai.  La Suède affiche cette semaine 4,5 morts par jour par million d’habitants, 10 fois plus que le Danemark et 20 fois plus que la Finlande deux voisins proches qui ont opté dès le début pour le confinement de leur population.  Aujourd’hui, la Suède compte 4350 morts du à la Covid-19.  Bien qu’elle n’occupe que le 16ème rang du triste palmarès mondiale de la Covid-1 en terme de nombre de décès, loin derrière la France (28 717) l’Italie (33 229) le Royaume Uni (38 243) et enfin les Etats unies d’Amérique classés premiers avec 102 516 morts, la Suède qui a franchi la semaine dernière la barre symbolique des 4  000 décès déplorés, se classe aujourd’hui sixième au rang mondial du taux de décès par habitant.

Des voix dénonciatrices  s’élèvent !

Pour l’épidémiologiste suédois Anders Tegnell, «il faudra attendre la fin de l’épidémie» pour faire un bilan et «ces chiffres doivent être remis dans leur contexte», car les morts ne sont pas comptés partout de la même façon. Mais ce n’est  pas l’avis des suédois ou du moins une partie de la population suédoise. Ces chiffres alarmants  ont d’ailleurs poussé dimanche dernier des manifestants à se regrouper dans le centre de Stockholm, autour d'un cercueil fictif avec des bouquets de fleurs, des bougies et des panneaux où étaient inscrits "Help Sweden". Une partie de la population n’a plus confiance en cette stratégie qui commence à montrer ses limites et beaucoup estiment que la crise n’aurait pas dû être aussi sévère si les autorités avaient agi autrement.  Même les politiques s’en mêlent, les deux plus grands partis d’opposition suédois ont appelé vendredi 29 mai  à la mise en place avant l’été d’une commission indépendante pour enquêter sur la réponse, très peu coercitive, apportée par la Suède à la COVID-19. Dr Lena Einhorn, virologue suédoise, déclare que  sans forcément aller jusqu’au confinement, la suède aurait pu épargner de nombreuses vies si une période d’isolement avait été imposée aux personnes qui vivaient avec un malade du Covid-19. Et d’ajouter que  la seule fermeture des restaurants aurait au moins permis d’éviter une partie des contaminations par aérosol.

La suède refuse toujours le confinement et parie sur la durée

L’Agence publique de la santé estime que l’approche suédoise est pertinente sur le long terme et rejette de façon catégorique  les mesures prises sur une assez courte période ailleurs, les considérant trop inefficaces par rapport à l’impact qu’elles ont sur l’ensemble de la société.   la Suède maintient donc le cap envisage de maintenir encore  longtemps sa stratégie de lutte contre la Covid-19.  «Cette lutte contre la Covid-19 est un marathon. Les mesures prises ont donc été choisies car nous croyons fermement qu’elles sont viables sur le long terme», a déclaré le Premier ministre Stefan Löfven.  «Il est apparemment assez facile de commencer un confinement, mais l’arrêter est beaucoup plus difficile», se targue par ailleurs  l’épidémiologiste Anders Tegnell, Les suédois ont-ils raison ? ont-ils tort ? seul l’avenir nous le dira. WAIT & SEE Dr Issam BADREDDINE, Biologiste Expert en Développement Durable

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