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L’OMS sème le trouble avec ses déclarations sur la rareté de la contagiosité par les asymptomatiques

Maria Van Kerkhove, responsable technique de la cellule chargée de la gestion de la pandémie à l’OMS, avait déclaré lundi 8 juin que  la transmission du virus par une personne, semblait «très rare». Elle a  ensuite parlé d’un «malentendu» devant le tollé général soulevé par ces propos. Largement relayés sur les réseaux sociaux, ces propos ont fait vivement réagir une grande partie de la communauté scientifique. “Contrairement à ce que l’OMS a annoncé, il n’est pas scientifiquement possible d’affirmer que les porteurs asymptomatiques de SARS-CoV-2 sont peu contaminants”, a ainsi affirmé le professeur Gilbert Deray, médecin à la Pitié-Salpêtrière. Le professeur Liam Smeeth de la London School of Hygiene and Tropical Medicine s’est dit « surpris ».

Les explications de Maria Van Kerkhove sont maladroites et risquent de créer encore de la confusion (entre asymptomatiques  ne développant pas la maladie et présymptomatiques dans la phase d’incubation de cette pathologie). Elles pourraient en effet, laisser penser à certains que  toute personne n’est pas contagieuse tant qu’elle n’a pas développé de symptômes de la  COVD- 19.

Par définition dans tout dictionnaire, Le terme « asymptomatique » en infectiologie se dit d’une personne porteuse d’un virus comme la covid-19 et donc susceptible de transmettre la maladie alors  qu’il  n’en présente pas les signes cliniques. Aussi, on ignore par nature l’état de toute personne avant l’apparition de la maladie (si elle ne fait pas l’objet d’un test au moins). Par contre, on sait bien que  les personnes présymptômatiques  et développant ensuite la pathologie sont à un risque élevé de contagion, presque aussi important d’ailleurs que les malades. Il est  possible qu’une partie des personnes contaminées soient peu ou “pas” contagieux, mais cela personne ne le sait  à l’avance. 

Le risque de contagiosité (faible ou fort) est d’ailleurs le  fondement de la politique de confinement et de déconfinement, progressif et strictement encadré,  menée avec beaucoup de discernement par les autorités marocaines.  On ne joue pas avec la santé des peuples comme dans une partie de dés ou de poker !

L’OMS a fait marche arrière sur ses déclarations : Maria Van Kerkhove s’en est expliquée et s’est excusée et c’est tout à son honneur. Nous ne devons pas faire assaut de polémiques sur ce sujet pour nous faire plaisir mais être clairs et pédagogiques ensembles pour éviter tout malentendu, propre à répandre de la confusion dans l’esprit des gens  ainsi qu’une avalanche de  “Fake News” encore. Car, sinon à la fin, plus personne ne croit dans le brouhaha médiatique mondial !

Dr Moussayer Khadija, présidente de l’association marocaine des maladies auto-immunes et de système (AMMAIS)

ANNEXES :

Déclaration du  professeur Liam Smeeth de la London School of Hygiene and Tropical Medicine en réponse à l’OMS  :

« Il reste des incertitudes sur le plan scientifique, mais les infections asymptomatiques pourraient tourner autour de 30 % à 50 % des cas. Les meilleures études scientifiques à ce jour suggèrent que jusqu’à la moitié des cas ont été infectés par des personnes asymptomatiques ou pré-symptomatiques »

Déclaration  de l’OMS à la suite de la polémique

L’épidémiologie, Maria Van Kerkove, a clarifié la situation en expliquant que les patients asymptomatiques transmettent moins le virus que les personnes dans une situation « pré-symptomatique » où les symptômes ne se sont pas encore manifestés. Cependant, durant cette période, le virus se multiplie dans l’organisme, rendant la personne particulièrement contagieuse deux à trois jours avant l’apparition des premiers symptômes.

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