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SARS-CoV2 : Débâcle suédoise contre la Covid19

Le vendredi 17 juillet 2020 est un jour noir pour les suédois. Avec 385 nouveaux cas en 24h, et  76.877 cas infectés et 5.593 décès à ce jour (21 morts en 24h), la suède, l’un des rares pays à n’avoir pas opté pour un confinement de sa population en poursuivant sa stratégie non avouée d’immunité collective, a vu ses espoirs s’évanouir. Une étude publiée jeudi dernier a revu à la baisse le pourcentage de Suédois (6,1 % de la population) ayant développé des anticorps capables de neutraliser le SARS-CoV2 loin des 60% nécessaires à l’acquisition de l’immunité collective tant souhaitée par les autorités sanitaires.  

De tristes records

La Suède enregistre désormais à un quasi record de nouveaux cas confirmés de Covid19 dans l’Union européenne. Parmi les 27 pays membres de l’Union Européenne, le royaume suédois occupe depuis deux semaines la deuxième place des nouveaux cas confirmés par million d’habitants, juste derrière le Grand Duché du Luxembourg.

Par ailleurs, la suède enregistre un ratio de nouvelles contagions six fois supérieur à la moyenne de l’Union Européenne. Pire, près de 20% de la population stockholmoise est actuellement porteuse d’anticorps. C’est dire la gravité de la situation dans un pays qui a fait dès le début de la pandémie des choix périlleux et risqués.

Plus de tests : argument des autorités sanitaires

Selon l’Agence suédoise de santé publique, la hausse des nouveaux cas résulte essentiellement d’une augmentation du nombre de tests effectués. «Si vous augmentez le nombre de tests, vous trouverez plus de cas», a déclaré Anders Wallensten  un épidémiologiste suédois. Pour conforter sa position et faire valoir qu’elle ne subit pas une envolée de l’épidémie, la Suède avance d’autres arguments. Les décès et les hospitalisations baissent et la proportion de cas positifs parmi les personnes testées diminue (12% en juin et seulement 6% mi-juillet).

Un déni persistant des autorités sanitaire.

La Suède continue à défendre son approche face à cette crise sanitaire tout en soulignant que les confinements décidés partout dans le monde ne sont pas tenables dans la durée. Pour Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève, l’erreur de la Suède n’a sans doute pas été sa politique de non-confinement, mais plutôt sa lenteur à intensifier les tests. «Ce qui est vraiment désolant pour la Suède, c’est qu’elle n’a pas combiné cette politique ambitieuse avec des tests massifs», estime-t-il. Et c’est peut être là où la Suède a failli.

Dr. Issam BADREDDINE

Biologiste, Expert en Développement Durable

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